31 mars-1er et 2 avril 2017 « les herbes folles » cinéma l’horloge de Meximieux

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Journées dédiées à l’environnement et l’écologie avec une superbe programmation voir ci dessous ou sur le lien du CINEMA L’HORLOGE de Meximieux

http://www.cinehorloge.fr/

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Le revenu de base, un outil indispensable pour une transition

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Les journées d’été du revenu de base se sont déroulées cet été à Poisy près d’Annecy du 19 au 22 Août 2015. Elles ont été une occasion de remettre sur la table l’idée d’un revenu de base universel et inconditionnel comme un élément indispensable de la sortie de la crise du capitalisme telle que nous la vivons aujourd’hui avec les conséquences sociales et environnementales que nous connaissons.

Précisons cette idée de revenu de base :  c’est un revenu accordé à tous les individus pendant toute la vie et de manière inconditionnelle. Ce revenu doit être suffisant pour permettre à l’individu, si il le désire de vivre sans travailler. (lien)

Cette idée qui paraissait encore utopique il y a quelques années devient maintenant une solution incontournable pour palier aux défis économiques et environnementaux que nous rencontrons désormais  ; défis environnementaux qui vont s’amplifier dans les années à venir!

Marina Chélépine et Stéphanie Turpaud du groupe local Ain-Savoie discutant avec Jean Eric Hyafil à propos du livre blanc du revenu de base lors des journée d'été 2015
Marina Chélépine et Stéphanie Turpaud du groupe local Ain-Savoie discutant avec Jean Eric Hyafil à propos du livre blanc du revenu de base lors des journées d’été 2015

En effet, notre économie est basée sur l’idée d’une croissance économique perpétuelle. Cette croissance a pour but de créer des nouveaux emplois pour palier ceux qui ont été détruits par le développement de la mécanisation, de la robotique et par internet.

Cependant, ce schéma ne fonctionne plus depuis quelques années à cause de deux facteurs. Premièrement la croissance n’est pas suffisante pour absorber les emplois détruits par l’augmentation de la mécanisation.  En effet, une croissance de 1,7% est nécessaire pour remplacer les emplois détruits alors qu’on attend péniblement un taux de 0,1 à 0,7%.(lien)

Il faut bien comprendre que tout est mis en œuvre pour développer  cette croissance. Les lois environnementales restrictives ont été bannis aussi bien par les gouvernement de droite que ceux du gouvernement Hollande. Et là, on est en  face d’un autre problème : celui là environnemental avec non seulement le médiatique réchauffement climatique, mais aussi tous les autres problèmes que je ne décrirai pas, mais dont la conséquence à plus ou moins court terme sera une épidémie de cancer et autres maladies (qui a déjà commencé).

Deuxièmement, nous assistons aussi au développement d’une robotisation bon marché avec une arrivée de nouvelles machines et de nouveaux robots remplaçant de plus en plus d’employés. Ce phénomène est aisément vérifiable si on regarde les péages d’autoroute ou si on va dans quelques chaines de magasins de sport ou d’alimentation rapide. Les machines sont de plus en plus nombreuses chaque année. Avec des chiffres d’affaire qui grosso-modo stagnent, la robotisation est une façon d’augmenter la rentabilité de ces enseignes en baissant la charge de personnel. N’oublions pas qu’une machine peut travailler tous les jours, qu’elle n’a pas besoin de se reposer, qu’elle n’a pas besoin de pause, qu’elle n’a pas de charge pour sa retraite, sa maladie et son chômage. Elle n’a aussi pas de revendication salariale et n’est pas syndiquée. En plus, son coût est seulement calculé dans son amortissement ce qui fait qu’ auprès des actionnaires, c’est plus facile de mettre un budget dans les machines plutôt que dans le personnel même si quelquefois ces machines sont encore cher (cependant le cout des robots baisse). Les médias ont en effet diabolisé les coûts de personnel.Cela a évidemment des conséquences sur la vie des gens puisque jusqu’à maintenant, nous sommes obligés de travailler pour se nourrir (le revenu de base n’est pas encore mis en place).

Mal être au travail, travail inutile ..le schisme entre le travail rémunéré et l’activité utile .

Ces conséquences sont de deux ordres : une casse du social et des droits du travail puis un mal être généralisé au travail (on est de moins en moins indispensable …).
Cela est renforcé par l’idéologie judéo-chrétienne dans laquelle nous sommes baignés : « Qui ne travail pas ne mérite pas de manger «  (St Paul) idéologie qui stigmatise tout « ‘inaction » en jugeant les   « chômeurs » et  en les  culpabilisant systématiquement. Cela met évidemment de coté toutes les activités bénévoles ou pas assez rentables pour assurer un salaire indifféremment de leur utilité ou pas.

Cela nous fait rebondir sur l’utilité de certains emplois. Le sociologue et anthropologue  David Graeber avait pointé justement dans son article « Bullshit jobs » le nombre d’emplois dans le tertiaire qui ne servaient à rien (lien). De leur coté, la coordination contre le Lyon Turin et le mouvement no tav en Italie se sont aperçu de l’inutilité de grandes infrastructures que l’on construisait ou qui était construite. Cela a abouti à la création du « forum contre les grands projets inutiles » qui recensent   chaque années de plus en plus de projets inutiles. (lien)

Si on prend l’exemple de l’aéroport notre dame des Landes, les opposants au projets ont non seulement mis en avant l’inutilité du projet mais aussi les conséquences néfastes de ce projet sur l’environnement. Les opposants aux grands projets inutiles ont aussi démontré que l’argument des emplois créés était annihilé du fait de l’utilisation de plus en plus systématique d’outils et de machines remplaçant la main d’œuvre humaine et en parallèle une main d’œuvre extra-européenne qui n’a aucune protection sociale. De ce fait, il n’est pas étonnant que les prévisions d’emploi étaient divisées par 10  par rapport à ce qui était annoncé par les promoteurs de ces chantiers.

Il est aussi important de mentionner le secteur du bâtiment dont le but ultime est la spéculation. Spéculation qui ne l’oublions pas à conduit à une offre trop importante et à la crise des subprimes (je le fais court). Cependant cette offre importante n’a pas résolu le problème du mal logement ou du logement social ; au contraire, à chaque plan de réhabilitation de logements sociaux (destruction de barres d’immeubles et construction de plus petits modules avec un standing supérieur), on s’est aperçu que la classe la plus pauvre se trouvait exclu, donc perdait son logement et venait gonfler ceux qui n’arrivent pas à se loger décemment.

N’oublions pas que l’immobilier est aussi responsable de la perte et destruction d’une grande partie des terres agricoles et naturelles et que cette destruction ne se justifie donc pas.

Donc nous voyons que l’association travail rémunéré et activité utile est loin d’être automatique. Que celui qui reste chez lui peut être infiniment plus « utile » à la fois à la société, à l’économie et à l’environnement que celui qui fait un des travails rémunérés inutiles cités précédemment.

Cela nous amène à la question suivante : quel est le but d’augmenter le PIB ? celui de créer de nouveaux travaux mais pour quoi faire ? Le PIB comme indicateur est lui-même sujet à des contestations. Comme le dit Pierre Rhabi, « polluer une rivière pour qu’une entreprise la nettoie ensuite va augmenter le PIB », pourtant le résultat est nul(voir négatif car on ne dépollue pas définitivement un site). Le PIB n’a aussi aucun rapport avec notre bonheur. On peut mesurer celui-ci avec la quantité de drogue qui est consommée chaque année par la population, qu’elle soit légale (alcool, cigarettes, antidépresseurs, somnifères, etc…) ou illégale. La société centrée autour de cette valeur travail est donc triste et dépressive.(lien)

Le revenu de base permet donc de penser une autre société où l’activité est déconnectée de l’actuelle valeur Travail mortifère. Même dans le cas ou le revenu de base est associé au travail, il permet un meilleurs rapport de force du salarié et renforce sa confiance donc son épanouissement.

Déconnecter le revenu de l’activité permet aussi de changer la nature et la forme des projets. Actuellement, plus un projet est cher, plus on gagne de l’argent. Je prends par exemple un projet de parc paysager. Il est évident pour l’architecte comme pour l’entrepreneur que plus il y aura des travaux à faire (mur de soutènement, bétons, terre déplacée, mobiliers urbains), plus le projet sera vendu cher, plus ceux-ci gagneront de l’argent. Un projet simple de tiers paysage (lien) ou de jardin en mouvement (lien) sans l’utilisation  de la pelleteuse, sans l’utilisation de bétons, en utilisant la flore endémique et sans mouvement de terre entraine l’architecte et plus encore l’entrepreneur à être pauvre. Pourtant ce dernier projet est bien plus écologique que le premier. Il est moins gourmant en CO2, en énergie grise ; il respecte la flore naturelle beaucoup plus riche en insectes auxiliaires et respecte les écosystèmes en place. Et c’est un exemple parmi d’autres.

Une transition de la société passera donc par la mise en place d’un revenu de base qui déconnectera le revenu de l’activité. Il permettra une décroissance souhaitable de ce que j’appelle » l’économie de l’inutile » tout en protégeant  ceux qui n’auront plus d’activité lucrative.

Quelles sont les « activités utiles » non lucratives qui vont se développer? Pour cela je fais confiance à votre imagination. Je donne cependant deux pistes : Les personnes qui ont développé la permaculture ont elles été des salariés des entreprises agro alimentaires ou phytosanitaires comme Monsantos et compagnie ? Est ce que les « trouveurs » qui ont développé les énergies renouvelables l’on fait pour le lucre ou l’ont il fait pour démontrer qu’il y avait une alternative au nucléaire ?

« le revenu de base c’est la marche suivante dans la lutte pour une meilleurs équité sociale »

A ceux qui pensent toujours que la mise en œuvre d’un revenu de base est utopiste je les renvoie à ce qui existe déjà (acquis sociaux) et aussi à l’histoire. Nous ne partons pas de rien puisque nous bénéficions déjà d’un matelas de protection sociale avec tout un panel d’allocations (chômage, vieillesse, maladie, etc) et que le chemin à parcourir n’est pas si grand que cela (techniquement et financièrement bien sûr). La difficulté n’est donc pas technique mais culturelle. L‘histoire nous montre que la mise en place de droits sociaux n’a pas été conditionné à une prospérité économique. Les congés payés ont été mis en place pendant la crise économique qui a succédé au crack boursier de 1929 et la sécurité sociale, elle, a vu le jour après la deuxième guerre mondiale alors que la France était à genou économiquement parlant.

Donc loin d’être une utopie, le revenu de base en plus d’être un outil face au défis économiques et environnementaux qui nous attendent, il est aussi la marche suivante dans la lutte pour une meilleure équité sociale

Emmanuel Coux

L'atelier sur la votoation Suisse qui va avoir lieu en 2016 proposé par le groupe local de Genève lors des journées d'été du revenu de base à Annecy
L’atelier sur la votoation Suisse qui va avoir lieu en 2016 proposé par le groupe local de Genève lors des journées d’été du revenu de base à Annecy

 

 

Restitution de la table ronde sur l’éducation

Compte rendu de la table « Education » : Qu’est-ce que l’éducation en transition ?

C’est d’abord la nécessité de faire connaître, de faire partager l’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD), pour tous et tout au long de la vie, la conscience des enjeux écologiques, économiques et sociaux contemporains. Sur une planète fragile, dans un contexte d’urgence, l’EEDD doit donner à tous les publics les clefs et les compétences pour contribuer activement à la construction d’un monde durable.

L’exemple d’un lycée agricole qui favorise l’EEDD (éducation à l’environnement et au développement durable)

Anne-Marie Lagoutte, formatrice à Reinach, apporte son témoigne sur les pratiques pédagogiques mises en place dans son établissement d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles.

Quand elle propose à ses élèves de se rendre en forêt pour couper du bois, ils évoquent immédiatement les nécessaires tronçonneuses et autres tracteurs. L’image d’un cheval de trait pour débarder autrement, permet d’apporter aux élèves des informations importantes: les huiles représentent 40 % des déchets des entreprises. En France, 10 millions de litres répandus dans la nature chaque année. En 4 mois, une huile minérale va se dégrader de 20 à 30 %, une huile végétale à 90%. Connaissances nouvelles pour mieux comprendre notre monde (ex : différences entre la mutagénèse et la transgénèse), expérimenter d’autres modes de fonctionnement (ex : rencontre avec un agriculteur producteur de ses semences), inciter à la réflexion (à qui appartient le vivant ?), à l’analyse, afin d’interroger nos représentations pour modifier, transformer nos gestes en connaissance de cause. Le geste, non plus comme acte nécessaire pour répondre à un besoin à un moment donné mais comme pratique qui engage l’environnement aujourd’hui et demain.

Se former, c’est donc confronter ses représentations à des données nouvelles, des expériences, des connaissances, afin de construire son savoir, savoir qui sera, espérons-le, le terreau de nouvelles pratiques répondant aux enjeux majeurs de notre planète.

Les villes en transition sont nées de l’idée qu’une communauté pouvait à un moment prendre en main son destin, construire son avenir par des initiatives individuelles et collectives, sans obligation, sans contraindre, sans imposer. Des actions concrètes se mettent en place et demeurent parce qu’elles sont le plus souvent des actions solidaires. Des actions pour soi et pour les autres. Ces actions fonctionnent parce que les citoyens s’en emparent et les font vivre.

C’est en ce sens que nous devons interroger notre système éducatif. Il est, il faut bien le reconnaître, plutôt individualiste. Mais comment peut-il en être différemment dans un pays libéral, à travers un système économique capitaliste qui classe, trie et permet à quelques individus de très bien vivre pendant que d’autres plus nombreux, survivent ? L’école n’y échappe pas : on trie, on note, on classe, on compare. Ce classement pourtant n’est pas notre Adn scolaire. Il est possible de faire autrement.

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Une pédagogie sans note qui favorise l’émancipation

L’évaluation est bien autre chose qu’une note. Elle peut même s’en passer. L’objet n’est alors plus le même. Il centre l’enfant sur son travail, sur la construction de sa pensée et non sur le seul résultat. A travers 2 expériences scolaires, une Ecole plus solidaire est possible.

Robert Place est professeur de philosophie à la retraire. Jusqu’en 1982, il se définit comme un professeur sévère qui « saque ses élèves ». A cette date, il s’intéresse aux travaux du Groupe Français d’éducation Nouvelle (GFEN) et décide de repenser son enseignement. L’évaluation sans notation devient alors un axe fondamental de sa pédagogie.

Apprendre est un processus qui ne part pas de rien. Tout le monde a des acquis, des représentations. Comment permettre à l’élève de dépasser ses connaissances, de penser autrement ? Par la transmission? En partie seulement. Mes malades savent qu’ils ont une névrose obsessionnelle mais ils ne guérissent pas, donc ils ne savent pas disait Freud. Dire les choses, transmettre ne suffit pas.

Le savoir se construit. Pour interroger les représentations, pour permettre aux élèves de penser par eux-mêmes, ce qui est difficile, le professeur met en place une pédagogie qui fait des allers retours entre l’individu et le collectif. Il leur demande après un temps de réflexion individuelle (les représentations), de lire les travaux de leurs camarades et d’annoter les copies en respectant 3 consignes :

  • Je ne comprends pas (ce qui permet d’expliquer)
  • Je n’y avais pas pensé (on s’enrichit de la réflexion des autres, appropriation)
  • Je ne suis pas d’accord (ce qui permet le débat, l’argumentation)

Il faut détruire et construire, il faut détruire pour construire.

Emanciper c’est éduquer et éduquer c’est réfléchir à sa propre expérience, la modifier par la formation pour s’émanciper.

Les ravages de la notation

La note sert à classer des compétiteurs, elle est porteuse de destruction sociale. Elle ne permet pas de se risquer à apprendre, pire même elle modèle la pensée vers une standardisation. Emanciper, c’est lutter contre les aliénations, inciter à la réflexion, l’analyse. Il faut oser et expérimenter.

Les notes sont censées former une très jolie courbe en cloche de type Gaussien, avec une majorité d’élèves groupés au centre. Certains approchent du haut de la courbe mais plus leur nombre diminue plus les notes augmentent. Par ailleurs, on trouve des élèves dispersés en bas ou près du bas de la courbe. La seule question est de savoir où est le point limite, mais une fois que cela est décidé, voilà : les élèves sont classés entre les bons, les moyens et les faibles. Le problème avec ce système, c’est qu’il requiert des notes faibles pour fonctionner. Ce que André Antibi, professeur à l’université Paul-Sabatier de Toulouse décrit comme une « constante macabre ».

Les chercheurs britanniques Black et William montrent que les remarques constructives sont plus utiles que de distribuer des notes. L’idée de comparer continuellement les élèves les uns avec les autres ne les aide pas à s’améliorer, mais au contraire renforce le sentiment d’échec parmi les moins bons, les persuadant qu’ils sont incapables d’apprendre. Les remarques doivent se concentrer sur ce que l’élève a bien fait et sur ce qu’il a besoin de travailler pour s’améliorer. En d’autres termes, l’élève est évalué par rapport à lui-même et non par rapport aux autres.

L’individualisme est fort dans notre système. Penser l’autre comme une aide, un camarade plutôt qu’un rival n’est pas habituel. Qui n’a pas caché de son bras sa copie pour empêcher l’autre de copier … des fois qu’il, des fois qu’elle ait une meilleure note ? On ne partage pas ce que l’on sait.

A l’école de Ceyzérieu, les enseignants de l’école primaire ont décidé de développer la coopération entre les enfants. Pour que je réussisse, tu dois réussir aussi. Le travail commence par le visionnage d’une vidéo d’Albert Jacquard, professeur en humanistique comme il aimait à dire, intitulée «  Moi et les autres, éloge de l’humilité, invitation à l’humanité ».

http://lecheneparlant.over-blog.com/article-albert-jacquard-moi-et-les-autres-eloge-de-l-humilite-une-invitation-a-l-humanite-entre-correlat-86396613.html

Les élèves de Marie-Christine Manen, professeur des écoles des Ce2-Cm1, s’interrogent dans un premier temps sur la phrase de Jacquard « C’est tellement désolant d’être un vainqueur parce que pour être un vainqueur, il faut accepter d’être un fabriquant de perdants, il faut pouvoir dire à l’autre, je te domine ! Quelle horreur ! Ce n’est pas supportable, pour aucun des deux. Par conséquent, il faut lutter contre le goût des palmarès, le goût des concours, des comparaisons qui aboutissent à un plus grand, un plus petit, à meilleur, à moins bon. Cela n’a pas de sens ».

En liaison avec une association locale de jeux coopératifs, Ainterlude, les élèves sont invités à créer des équipes coopératives afin que toute la classe réussisse et non pas une seule équipe constituée des meilleurs éléments. Il leur a fallu travailler sur leurs représentations, identifier des critères de réussite coopérative et s’essayer aux jeux afin de valider les hypothèses.

Prendre tout le monde en compte dans sa différence pour réussir collectivement a permis d’améliorer les relations au sein de l’école, de développer une exigence de l’aide en classe et de vivre les bienfaits de la solidarité.

L’enseignement n’est qu’une partie de l’éducation et pour clore cette table ronde, l’intervention de Tiphaine Ducharne a permis d’élargir le champ du débat et d’envisager l’éducation comme un système politique qui en rien n’est ou ne peut être neutre. Vouloir séparer les questions de l’éducation populaire de celles de l’enseignement par exemple est le fruit d’une volonté politique.

Si l’éducation est un moyen d’émancipation, comment expliquer alors le maintien des classes populaires hors des lieux de décision ?

L’éducation est une lutte.

Comme l’écrit Albert Thierry dans « N’autre école » en 2006 : « Ceux qui oppriment, exploitent et exercent la violence ne peuvent trouver dans l’exercice de leur pouvoir la force de libérer les opprimés et de se libérer eux-mêmes. Seul le pouvoir qui naît de la faiblesse sera suffisamment fort pour libérer les deux.

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L’éducation « dialogique »

Mais pour mener à terme cette libération le dominé doit comprendre qu’il abrite aussi en lui l’oppresseur (à qui il rêve de ressembler et qui lui semble le modèle ultime de l’humanisation) et que la peur de la liberté l’habite. Le rôle d’une éducation véritable est de dépasser cette peur, de faire prendre conscience à l’opprimé de sa dualité pour qu’il se sépare de la partie de l’oppresseur qui est en lui. Pourquoi ce long détour philosophique ? Pour comprendre que la pédagogie, pour Freire, doit choisir son camp, celui des opprimés et non celui des oppresseurs, car c’est sa seule façon d’être une éducation véritable et de se réaliser pleinement.

Détour philosophique nécessaire aussi pour comprendre que la situation d’oppression est une situation historique, donc « dépassable », à condition d’analyser sa nature d’opprimé. Pour changer le monde, il faut d’abord le comprendre. Pédagogie et révolution ne peuvent se dissocier.

Reste à définir ce qu’est cette pédagogie. Pour cela Freire oppose la pédagogie des opprimés à la conception bancaire de l’éducation où l’enseignant déverse un « dépôt » dans l’esprit de ses élèves. Il y a celui qui possède le savoir et ceux qui en sont dépourvus. Au terme de leur apprentissage ils devront à leur tour le restituer tel quel. L’éducateur n’entre donc jamais en communication avec ceux à qui il enseigne, il se contente de leur livrer un savoir suivant un programme préétabli à l’avance. Freire analyse longuement les méthodes, qui sont en même temps les valeurs de cette éducation « bancaire » : la conquête (des corps, des esprits, de la culture…), la division (par la sélection), la manipulation et l’invasion culturelle (qui s’autorise par l’idée que le peuple n’a pas et ne peut avoir de culture). Tant qu’il reste dans cette posture, l’éducateur, même sincère, perpétue l’oppression. Au mieux parviendra-t-il à transformer une minorité d’opprimés en oppresseurs.

Aux antipodes de cette éducation le projet de Freire, l’éducation « dialogique » qui repose sur l’échange et le dialogue entre éducateur et éduqué, tend à abolir ces distinctions pour faire de l’éducateur un élève et de l’élève un éducateur. « Quand ils découvrent en eux le désir de se libérer, ils perçoivent que ce désir ne peut devenir réalité que s’il est partagé avec d’autres ».

Coopération, union, organisation et synthèse culturelle seront donc les valeurs avancées.

« La liberté est une conquête, non une donation, et elle exige un effort permanent. » La démarche pédagogique devra donc suivre la voie de cette éducation dialogique. »

La conclusion revient à Paulo Freire « Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble, par l’intermédiaire du monde… »

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L’idée de revenu de base : un premier pas concret vers une société plus écologique, sociale et humaine.

DSC_0349Le concept du REVENU DE BASE n’est pas nouveau (Thomas Penn 18èm siècle, André Gortz années 70..) mais aujourd’hui il prends tout son sens. En effet nous sommes dans un contexte de société où la production de richesse est très importante, les sommes d’argent disponibles énormes, les conditions de vies du coté de nos pays industriels globalement améliorées, mais où ce que l’on appel « crise » dénonce les énormes inégalités de répartition de ces richesses, les écarts se creusent avec pour conséquence l’exaspération et la souffrance de la population.

D’un coté il semble que les gouvernements semblent impuissants face à cette « crise » et se succéder sans imagination en perpétuant toujours les mêmes recettes économiques, monétaires, politiques. Ils appellent à la « croissance » (comme mythe d’une terre paradisiaque perdue), ou « austérité » (nostalgie de « valeurs » morales autoritaires, patriarcales…) tout ceci mis en écho par l’appareil médiatique qui aboie dans ce sens acculant le citoyen à toujours plus de schizophrénie et donc de mal être et d’angoisse.

Aujourd’hui comment prendre place dans la société: le travail est-il toujours le lieu d’intégration sociale et de réalisation personnelle? Pourquoi et comment travaillons nous aujourd’hui? Qu’Est-ce que le bonheur aujourd’hui en 2014 ?  Comment les jeunes générations vont elles travailler? Comment les personnes âgées peuvent elles continuer s’insérer? Que faisons nous des exclus? pouvons nous toujours dire aujourd’hui comme st Paul « qui ne travaille, pas ne mange pas? »

L’idée du revenu de base apporte aujourd’hui un nouveau souffle pour sortir de ces ambivalences manichéennes :croissance ou austérité, travail ou chômage, activité rémunérée ou activité bénévole , travailleurs/ retraités … et implique de prendre conscience de la nécessité d’une nouvelle « IMPULSION CULTURELLE » (D’où le titre du film sur le revenu de base sur ce lien)

« Penser autrement.. dit Pierre Rabbhi, .. notre bonheur, notre rôle sur terre, en société, mais aussi face à la nature, ses produits.. c’est une véritable  insurrection des consciences dont nous avons besoin « 

Le revenu de base est une des premières marches de cette TRANSITION sociétale, écologique, économique, vers laquelle nous convergeons .. c’est le pas nécessaire d’une société plus équitable, solidaire et plus humaine à laquelle nous tous œuvré lors de cette université d’été, un premier pas concret vers une société plus écologique, sociale et humaine.

Nous avons pu vivre des moments extraordinaires de partages au cours de cette PREMIERE UNIVERSITE D’ETE DU REVENU DE BASE » organisé par l’association « MOUVEMENT FRANCAIS POUR UN REVENU DE BASE » (lien) bravo à tous les bénévoles qui ont fort bien travaillé pour cette université d’été soit une telle réussite!

Des ateliers et plénières passionnants où nous avons pu développer et entendre des intervenants , conférenciers, et autres militants, économistes, ingénieurs, entrepreneurs .. prendre le temps d’exposer et partager les arguments pour construire et entreprendre les fondements d’un monde des possibles pour tous, aujourd’hui et demain. Organiser cette convergence d’initiatives, peu à peu.. les alternatives sont là, osons les

Prochain rendez vous dans le Bugey:

Samedi 27 septembre au « j’art d’ain partagé en mouvement » pour fêter la « journée de la transition citoyenne » (lien)  autour d’un pique nique citoyen et où vous pourrez retrouver un stand sur le revenu de base.

A bientôt

Marina C.

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La via Rhona, c’est le tourisme du 21e siècle

 

Claude Comet, conseillère déléguée au tourisme de Rhône-Alpes, porte avec enthousiasme le projet ViaRhôna. Pour elle, il s’agit d’un modèle de tourisme réellement écologiste, proche de la nature, des territoires et des habitants.

 

La ViaRhôna est un projet de véloroute en construction qui à terme reliera le Léman à la Méditerrannée le long du Rhône. De larges tronçons déjà en place remportent un vif succès.

En 2010, Claude Comet (EELV), conseillère régionale déléguée au tourisme de Rhône-Alpes, a repris le suivi de ce projet en mettant fortement l’accent sur son rôle de diffusion d’un tourisme écologique harmonieusement réparti sur le territoire. Son but : que les villes et villages situés à proximité de la ViaRhôna puissent en bénéficier pour faire vivre leurs commerces, leurs chambres d’hôtes, leurs lieux culturels…

En effet, pour les écologistes, la ViaRhôna est emblématique d’une forme nouvelle de tourisme écologique car elle permet de partir à la rencontre de tout un territoire, de ses richesses naturelles et culturelles, de ses habitants…

La ViaRhôna est mise en place par les conseils régionaux traversés par le fleuve et la Compagnie nationale du Rhône, en lien avec les 118 communes traversées

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C’est aussi un véritable outil pour comprendre ce fleuve qui a été le berceau de la civilisation outre alpes.  La province de la Narbonnaise suivait son cours et les plus prestigieuses cité romaine outre Alpes ont été construites sur son cours. Nous pouvons citer Arles, Valence, Vienne et Lyon qui seront les cités les plus importantes outre alpes mais nous pouvons aussi mentionner Genève, St paul les trois châteaux, Avignon, Orange, etc…

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Le Rhône est aussi un fleuve qui relie les peuples. Il a été de tous temps le point de contact avec la Méditerranée et  les peuples du nord de l’Europe. C’est par le Rhône que les cultes de Cybèle, de Mithra mais surtout du Christ ont pénétré en Gaule. Arles, Vienne et Lyon auront un rôle majeur dans la christianisation puisque Arles aura le Pallium, Lyon sera la Primatiale des Gaules et Vienne la Primatiale des Sept Provinces.

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Il faut citer en outre la création du royaume de Bourgogne/Provence appelé aussi Royaume d’Arles, dont le territoire comprend le bassin versant du Rhône et dont la colonne vertebrale sera le Rhone de Lyon à la mer. Ce royaume issu des royaumes Burgondes du 5e et 6e siècle, conservera une indépendance jusqu’en 1032, date à laquelle l’empereur du Saint Empire Romain germanique, devient aussi Roi de Bourgogne.

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Il gardera une certaine indépendance jusqu’au milieu du 14e siècle et sera un des fer de lance de la diffusion de la réforme Grégorienne à la fin du 11e et du 12e siècle. La papauté s’installera naturellement à Avignon au 14e siècle.

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Cependant, la prise de Lyon en 1312 par Philippe le Bel, l’annexion du Dauphiné en 1349 marque le début de la fin pour ce royaume. L’empereur n’est plus chez lui puisque le Pape résidera à Avignon. Le comte de Provence est aussi roi de Naples avec la dynastie Angevine, ce qui trouble la perception d’un royaume de Bourgogne qui n’a plus en fait de roi.

Le roi de France, avec l’annexion du Dauphiné contrôle le passage vers le sud mais aussi le col du Montgenèvre qui est le principal passage entre l’Italie et le royaume de Bourgogne.

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Le comte de Savoie n’arrivera pas à s’imposer comme successeur logique des roi de Bourgogne même si ‘ils disposent du sanctuaire de Saint Maurice d’Agaune en Valais. Après 1350, l’évolution de la Savoie va s’accélérer dans le Piémont faute de le faire en Bourgogne. Les villes de Vienne et d’Arles seront les dernières à porter l’idée d’un royaume de Bourgogne Provence. Charles IV de Luxembourg sera le dernier souverain à se faire couronner à Arles en 1365.

http://emmanuelcoux.over-blog.com/article-le-royaume-de-bourgogne-un-royaume-oublie-au-coeur-de-l-europe-123245430.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Bourgogne

 

Prochaine réunion préparatoire-participation: jeudi 5 juin

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Le prochain rendez vous pour la préparation et la rencontre entre les divers acteurs et participants de l’événement sera le

JEUDI 5 JUIN dès 19h à LA MAISON ST ANTHELME salle Brillat savarin

à BELLEY (01300)

NOUS RECRUTONS DES BENEVOLES, coup de mains et Bras sont tous les bienvenus!

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Nous ferons notamment  la distribution des affiches  et flyers pour l’organisation du tractage

Nous ferons un point sur les inscriptions:

-les intervenants aux divers ateliers/ leur hébergement si besoin

-Inscription des bénévoles

Ordre du jour  ..

 

A NOTER LE PLANNING LOGISTIQUE

  • Dimanche 15 juin: 10h-13h .. Repas rencontre avec les bénévoles: organisation des tâches, visite  du site (avec fredérique Laval directeur de st anthelme), salles, emplacements stands etc

  • Vendredi 27 juin: installation: à partir de 16h pour ceux qui ne peuvent pas avant sinon toute la journée (N° 06 18 67 32 32 )

  • Samedi 28 juin
    8h30 mise en place pour l’accueil à 10h (entrée, prix à participation libre, distribution documents)

  • Dimanche 29: 18h rangement

  • Lundi 30 juin : propreté, dernier rangements, debriefing de l’évènement

 

Le jardin partagé, un lieu de créativité, un territoire en transition

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Le jardin partagé est tout d’abord un outil permettant indirectement de limiter le mitage et en association de recréer les liens sociaux que notre société fait disparaitre à causes d’un mode de vie qui renforce l’ultra-individualisme.

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Évidemment, il y a une optique écologique et environnementale déjà dans le processus mais qui peut être améliorées dans le fait de « bonnes pratiques  environnementales » en utilisant le moins possible d’intrants chimiques, en utilisant les techniques de compostages et de mulching, et toutes les techniques de l’agro-écologie en général.

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Le jardin partagé coïncide aussi à la fois avec l’idée d’un certain regroupement de l’habitat puisqu’il pallie à l’absence de terrain dans l’habitat groupé. Il répond donc à l’argument d’un besoin de verdure pour les habitant. Il y a donc un coté ludique du jardin plus que vivrier (qui existe aussi).

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Son concept inclue la notion qui est venue avec l’Alphantisme à la fin du 19e, renforcée par les paysagistes qui réalisèrent les grands ensembles dans les années 70, qui est celle d’un contact avec la nature.

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Le jardin ouvrier est très différent de cela puisqu’il concentre son objet dans la production maraichère et vivrière, donc dans une économie dans le budget nourriture.Les jardins collectifs de mairie par exemple sont des jardins avant tout vivrier. Les jardins ouvriers ont eu donc une évolution parallèle aux espaces verts.

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Ce qui a entrainé la confusion de parenté, c’est le coté « faire » et « l’action » qui a donné un rendu de jardin, pour le jardin partagé plus proche du jardin ouvrier que de l’espace vert. L’espace vert quand à lui qui renvoie à un coté « passif » du citoyen.

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En effet, une des caractéristiques du jardin partagé est l’action du citoyen sur la modification de l’espace vert. Ce ne sont plus des jardiniers municipaux qui agissent par l’intermédiaire des élus, mais les gens eux mêmes.

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Cette évolution se lit aussi dans la démarche des paysagistes qui tendent de plus en plus vers la valorisation du « jardin » plutôt que celui « d’espace vert » employé dans les années 70. La démarche de Gilles Clément en est l’illustration. Il se définit lui même comme « jardiniste » plutôt que « paysagiste ».

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Cette évolution va vers une idée de l’émancipation, de la pensée critique. Les jardins partagés deviennent des lieux de créativité et d’innovation, à la fois esthétiques, cultuelles, sociales et sociétales.

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Bibliographie :

l’alphantisme :

http://paris1900.lartnouveau.com/documents/alphand.htm

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Paysagisme après les années 50/70 :

http://strates.revues.org/5723

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Gilles clément (vidéo) :

http://www.youtube.com/watch?v=xM7P7MzPxFs

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Association j’art d’ain partagé : du jardin partagé au jardin en mouvement

http://jartdainpartage.over-blog.com/article-du-jardin-partage-au-jardin-en-mouvement-118164169.html