Economie

Table ronde n°2 : Envisager une économie en transition

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« Créer des outils économiques qui favorisent la transition »

Une croissance infinie impossible

Le 21e siècle nous impose une certitude : la terre et les ressources sont en quantités limités, donc une croissance infinie est impossible.

Mais alors, comment assurer un revenu à tous alors que l’on sait qu’il faut une croissance de 1,5% minimum pour remplacer les emplois détruit par la hausse de la productivité.

Le Produit Intérieur Brut n’a jamais été aussi élevé qu’à présent. Il représente plus de 2032 milliards d’euro en 2012 alors qu’en 1949, il n’était que de 13 milliards d’euro. La croissance a été en effet spectaculaire.

Et, une croissance de 0,1% du PIB de 2012 représente en argent autant qu’une croissance de 17% du PIB en 1949 : c’est à dire 2 milliards d’euro de plus.

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Une hausse de la productivité importante

En même temps, cette production a été faite avec des moyens de plus en plus réduit en ressources humaines. D’environ 2000 heures de travail par an et par travailleur en 1950, on est passé à 1500 heures en 2010.

Cette réduction du temps de travail a été faite par des mesures dite « de gauche » jusque dans les années 90, comme par exemple l’abaissement de l’âge de la retraite ou l’augmentation des congés payés, puis par des mesures dite « de droite » après, comme par exemple l’augmentation des contrats précaires et des temps partiels.

Ce qui a eu comme conséquence une stagnation des salaires.

Cette hausse de la productivité s’est faite grâce à l’amélioration des technologies mais aussi à la rationalisation des taches de travail. Il ne faut pas non plus oublier le poids important de l’innovation dans l’augmentation de la productivité.

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L’amélioration des technologies

Selon le rapport Gallois, le taux de robotisation est le facteur essentiel qui détermine le taux de compétitivité d’un pays. Cela peut se voir par exemple entre l’Allemagne et la France. Cette dernière a un taux de robotisation nettement inférieur à celui de l’Allemagne. En effet, on compte 150 000 robots pour l’Allemagne contre plus de 34 000 en France. Et ceux ci sont en plus assez vieux, ce qui diminue leur performance.

Pourtant, malgré ce déséquilibre, la tendance est au développement exponentiel de la mécanisation et à la robotisation.

L’exemple le plus frappant est l’agriculture où, si pendant l’ancien régime, 90% de la population travaillait la terre, ceux ci représentent à présent environ 2% qui nourrissent toute la population, voire même exporte. C’est la même chose avec l’industrie où les robots ont remplacé les humains dans les chaines de travail.

Le tertiaire n’est pas épargné. Il suffit de constater l’amélioration des logiciels et des possibilités d’internet. La banque en ligne est un bon exemple : pour un même montant d’argent brassé, elle emploie 100 fois moins d’employés.

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Le poids de l’innovation

Si la plupart des emplois peuvent être « mécanisés », il faut aussi penser que l’innovation participe à une rationalisation des taches qui réduit encore le temps de production. Je prends juste l’exemple de la grelinette qui est un outil de jardin qui a été inventé récemment.

Cet outil aurait pu être inventé au moyen-âge car sa fabrication ne nécessite pas plus de technologie que pour les autres outils du moyen-âge. Pourtant, il a révolutionné le jardinage. Il propose une nouvelle façon de jardiner qui favorise la vie du sol (on ne laboure plus), qui réduit le nombre d’intrants, et qui réduit le temps d’aménagement de la parcelle de culture.

En outre, cet outil est beaucoup mieux pour le corps humain (dos, fatigue, etc…). Cet exemple montre que le poids de l’innovation est non négligeable.

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Cependant, ni l’innovation, ni la créativité ne sont remplaçable par des machines. Elles se développent dans un cadre hors travail rémunéré. Par exemple, ni les employés de Monsantos, ni ceux de l’INRA n’ont développé la permaculture. Celle ci fut développée par des personnes qui voulaient montrer qu’il existait une autre agriculture que celle conventionnelle et non dans le cadre d’un emploi rémunéré.

On ne pourra pas affronter les défis qui nous attendent (climatique, sociale, etc…) sans créativité et innovation sur les plans social, sociétale, technologiques et culturel.

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Répartir les gains de productivité

Il est évident que la solution de reconsidérer la répartition des gains de productivité et de revoir notre façon de travailler sera nécessaire . La mise en place d’une allocation universelle ou un revenu de base est une évidence pour pallier à la fin du plein emploi.

Outre des avantages sociaux et environnementaux qu’il procure, il permettra un bon en avant sociétal en favorisant ce que ne peuvent pas faire les robots : la créativité et l’innovation.

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S’interroger sur le sens de l’économie

D’autre part, il est important aussi de se demander quel est le but de cette augmentation du PIB vers l’infini. Est ce que cela apporte à notre bien être ? Polluer une rivière pour pouvoir la nettoyer ensuite augmente le PIB alors que la laisser intacte ne créé pas de richesse pécunière.

C’est aussi s’interroger sur ce que nous faisons comme travail. Est ce des travaux utiles ou des « bullshit jobs » comme le dit l’Anthropologue David Graeber demontrant l’inutilité d’une grande partie de l’activité rémunéré ?

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Voir même des travaux néfastes quand il s’agit de créer les fameux « projets inutiles » comme par exemple un Lyon-Turin ferroviaire ou un aéroport notre dames des landes dont l’inutilité a été mainte et mainte fois démontrée.

Dans ce cas, il est nécessaire de revoire la fonction de l’économie dans le cadre de la plus value sociale et sociétale et non dans le prisme d’une plus value pécunière à court terme et d’un irréaliste et inutile plein emploi.

Dans ce cas, quelles sont les pistes qui peuvent nous permettre une économie dans le sens étymologique du mot ?

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Relocalisation de l’économie

La relocalisation de l’économie est une des solutions. Elle permettrait de diminuer les transports très énergivores à la fois dans l’énergie nécessaire pour se déplacer, mais aussi dans l’énergie nécessaire à la construction des moyens de transports et des infrastructures.

Des outils comme une monnaie locale, les système d’échange locaux, l’économie collaborative ou l’Economie Sociale et Solidaire peuvent être envisagées afin de favoriser à la fois cette relocalisation mais aussi pour gommer les inégalités sociales. Ces idées prennent corps : des monnaies complémentaires sont en construction à Chambéry et à Genève.

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Favoriser le recyclage

Face à la pénurie de matière première, il faut aussi envisager l’installation de recycleries ou ressourceries. c’est aussi une façon de relocaliser l’économie car les matières restent dans un territoire. C’est aussi une façon d’économiser de l’énergie.

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Et dans le Bugey ?

Le Bugey est un territoire très naturel près de grandes métropoles ce qui est un atout pour favoriser une économie régionale. On peut citer le grand Genève, Chambéry-Aix les bains, Bourg en Bresse et le Grand Lyon.

On peut cibler le tourisme doux mais cela implique une plus grande préservation de l’environnement, de nos paysages et une lutte contre le mitage.

Mais ne faudrait il pas développer une économie en utilisant l’existant plutôt que de vouloir construire de nouvelles infrastructures qui alourdiraient en plus les dettes des collectivités territoriales.

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C’est ce que démontre les rapports « Duron » et « mobilité 21 ». En plus, un des atouts du Bugey sud est de posséder une voie ferrée internationale en direction de la Suisse et de l’Italie. Dans notre cas, le Piémont et la Romandie sont des régions voisines.

La ville de Culoz est de ce fait un nœud ferroviaire important. La voie ferrée comme la gare sont très sous exploitées. La capacité de la voie en fret est de 17,5 million de tonnes par an en tenant compte de tous les sillons et projets de sillons supplémentaires pour les TER et TET. Il y a moins de 5 millions de tonnes de fret qui passent annuellement.

Cette voie ferrée est un atout local très important. Il est nécessaire d’investir au niveau des nuisances sonores et visuelles pour améliorer la qualité du cadre de vie autours de cette voie. D’autre part, c’est aussi un atout touristique encore peu exploité.

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Des ressources sous exploitées.

Afin de favoriser une transition énergétique, il est nécessaire de développer les énergies renouvelables. Le bois évidemment, avec le développement des chaufferies bois et de la filière bois. Il faut signaler la présence d’une école sur le plateau d’Hauteville-Lompnes.

L’énergie solaire est aussi sous exploitée. Pourtant, la proximité avec l’INES et des pôles de développement comme celui de l’entreprise Photowatt dans le nord Isère sont un atout supplémentaire.

Mais encore et toujours, favoriser l’innovation et la créativité comme par exemple cet artisan qui développe les poêles de masse dans le Bugey

L’image positive des énergies renouvelables est aussi une plus value pour le tourisme dans une région qui promeut des espaces naturels.

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Renforcer la coopération transfrontalière :

Ne serait il pas aussi opportun de réfléchir dans le cadre d’une Europe métropolitaine, une coopération transfrontalière avec la Romandie pour profiter de l’aura internationale de la ville de Genève et des répercutions économiques pour le Bugey ?

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Se positionner dans le cadre de la fusion des régions :

Ne faudrait il pas, dans le cadre de la fusion des régions voulu par le premier ministre, se privilégier aussi un accès à la mer par le couloir naturel qu’est le Rhône, véritable entité économique ; Ajouter à un positionnement au cœur de l’Europe, une ouverture vers le monde méditerranéen ? Envisager la fusion de Rhône Alpes avec la région PACA.

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Emmanuel Coux

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Sources :

le collectif pour l’économie collaborative : ouishare

 http://ouishare.net/fr/

changer l’enseignement de l’économie pour répondre aux défis de demain :

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/407363/manifestepourune

site du revenu de base :

http://revenudebase.info/

allier les monnaies locales au revenu de base  pour une relocalisation de l’économie (vidéo) :

http://www.youtube.com/watch?v=aMGFIdJG7lQ

l’invasion des métiers à la con de David Graeber :

http://www.slate.fr/story/76744/metiers-a-la-con

le revenu de base, une solution pour les retraites :

http://revenudebase.info/2013/09/22/revenu-de-base-une-solution-pour-les-retraites/

l’art des grands projets inutiles :

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/DEVALPO/48057

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Sites locaux :

monnaie complémentaire de Chambéry :

http://www.lamonnaieautrement.org/index.php/monnaie-citoyenne

SEL de Belley :

http://etainsel.over-blog.com/

un exemple d’économie sociale et solidaire : les chantiers valoristes

http://www.chantiers-valoristes.com/la_ressourcerie.ws

les poêles de masse dans le Bugey :

http://www.oxalis-asso.org/?p=1619

les opposants à la nouvelle ligne Lyon Turin

http://lacoordinationcontrelelyon-turin.overblog.com/

la charte de développement du conseil local en développement du pays du Bugey :

http://www.paysdubugey.fr/france/DT1231432369/page/La-Charte-de-developpement.html

AFFICHE28-29 juin

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